Conseils · Méthode
Le cahier des charges du site de votre commune, en une page
Nous lisons des cahiers des charges de sites depuis vingt ans, dont ceux de communes. Les meilleurs tiennent en une page ; les pires en trente, recopiées d’un marché de métropole. Voici les dix exigences qui comptent vraiment — celles qu’un prestataire sérieux lit comme un engagement, pas comme du décor.
Publié le 23 avril 2026 · mis à jour le 2 juillet 2026 · 8 min de lecture · par Thomas, La Fabrique des Communes
Les six exigences qui protègent la commune
1. La propriété, sans ambiguïté
Le nom de domaine est déposé au nom de la commune. L’hébergement est contracté au nom de la commune, ou réversible sans frais. Les contenus, les images et la base de données sont restituables à tout moment dans un format standard. Cette clause seule évite l’essentiel des situations de dépendance.
2. L’accessibilité et les obligations, vérifiées à la livraison
Exigez : un audit d’accessibilité documenté au regard du RGAA, les corrections prévues au contrat, une déclaration qui décrit le niveau réellement atteint, une politique de confidentialité, des mentions légales, aucun traceur sans consentement. Et surtout : un livrable qui le prouve — un rapport de vérification, pas une ligne de plaquette.
3. L’hébergement en France ou dans l’Union
Données des administrés obligent. Demandez la localisation des serveurs et celle des sauvegardes — ce sont parfois deux réponses différentes.
4. L’autonomie de publication
« La secrétaire de mairie publie une actualité en moins de cinq minutes, sans aide » est une exigence testable en recette. Formation incluse, avec un support écrit qui reste.
5. Un délai, et ce qui se passe s’il glisse
Trois semaines à deux mois est un délai normal pour une commune de cette taille. Au-delà, demandez ce qui le justifie.
6. La sortie : que se passe-t-il si l’on se quitte ?
Restitution des contenus, transfert du domaine, durée de préavis, coût de sortie : quatre lignes qui se négocient très bien avant la signature, très mal après.
Les quatre exigences utiles
7. La liste des rubriques, construite avec le secrétariat — pas imposée par le prestataire. 8. Un moteur de recherche interne. 9. La reprise des contenus existants, chiffrée dans le devis. 10. Une mesure d’audience sans cookie, pour piloter sans bandeau de consentement.
Ce qui ne sert à rien
Les demandes de « technologies innovantes », les comités de pilotage mensuels pour un site de dix pages, les pénalités théâtrales que personne n’appliquera, et les trente pages recopiées d’un autre marché : tout cela allonge les réponses, fait monter les prix, et ne protège de rien.
Un conseil de praticien : publiez votre grille d’exigences aux candidats avec le poids relatif de chaque critère. Vous recevrez des réponses comparables, et vous pourrez motiver votre choix en conseil sans difficulté.
Questions fréquentes
Que doit contenir le cahier des charges d’un site internet de mairie ?
L’essentiel tient en dix points : propriété du domaine et des contenus par la commune, accessibilité et RGPD vérifiés à la livraison avec un rapport à l’appui, hébergement en France ou dans l’UE, autonomie de publication du secrétariat avec formation, délai contractuel, conditions de sortie, liste des rubriques co-construite, moteur de recherche, reprise des contenus chiffrée, et mesure d’audience sans cookie.
Une petite commune doit-elle passer un marché public pour son site internet ?
Pour les montants habituels d’un site de commune de moins de 5 000 habitants (moins de 40 000 € HT), la commune peut passer un marché sans publicité ni mise en concurrence formalisées. Comparer deux ou trois devis sur des exigences écrites reste une bonne pratique, et facilite la délibération.