Conseils · Méthode
Changer de prestataire sans perdre son site : le mode d’emploi
C’est la situation dont on nous parle le plus au téléphone, et celle dont personne n’écrit : la commune paie depuis des années, le prestataire ne répond plus — ou trop bien — et personne ne sait ce qui arriverait au site si l’on partait. Réponse : presque toujours, on peut partir. Voici dans quel ordre.
Publié le 30 juillet 2026 · mis à jour le 21 août 2026 · 6 min de lecture · par Thomas, La Fabrique des Communes
Étape 1 : l’inventaire — qui possède quoi
Trois questions, trois vérifications concrètes, avant tout courrier :
Le nom de domaine. Cherchez votre domaine dans l’annuaire public de l’Afnic (recherche « whois »). Si le titulaire est la commune, vous êtes protégé. Si c’est le prestataire, c’est le premier point à corriger — le domaine est l’adresse publique de la mairie, il doit appartenir à la mairie.
Les contenus. Textes, photos, comptes rendus : la commune en est l’auteur ou le commanditaire. Demandez un export complet — un prestataire régulier le fournit sans discuter.
Le contrat. Relisez la durée, le préavis, et ce qui est prévu à la sortie. Les abonnements municipaux se reconduisent souvent tacitement d’année en année : notez la date limite de dénonciation, c’est elle qui commande le calendrier.
Étape 2 : demander, par écrit, trois choses
Un courrier suffit dans la grande majorité des cas. Demandez : l’export complet des contenus dans un format standard, le transfert ou le code de transfert du nom de domaine, et la confirmation de la date de fin de contrat. Restez factuel — le prestataire d’en face a d’autres communes clientes et rarement intérêt au conflit.
Si le contrat est muet sur la réversibilité, la demande reste légitime : les données d’une collectivité ne se retiennent pas en otage, et la rétention de données publiques joue toujours, in fine, contre celui qui retient.
Étape 3 : reconstruire — souvent moins cher que rester
Faites le calcul sur cinq ans, il est parlant : un abonnement à 100 € par mois coûte 6 000 € sur la période, sans que la commune possède quoi que ce soit à la fin. Une refonte en investissement — pour laquelle une aide est parfois mobilisable, selon votre département — coûte souvent moins, et le site vous appartient. Notre article sur les prix détaille la comparaison.
Le nouveau site se construit pendant que l’ancien tourne : la bascule se fait en une heure, le jour où le domaine pointe vers le nouvel hébergement. Aucune interruption, aucun trou dans la publicité des actes.
Et pour ne plus jamais revivre ça
Quatre lignes dans le prochain contrat suffisent : domaine au nom de la commune, export disponible à tout moment, documentation de réinstallation fournie, réversibilité sans frais. Ce sont les clauses 1 et 6 de notre cahier des charges en dix points — et elles figurent dans nos propres contrats, parce qu’un client qui reste doit rester par choix.
Questions fréquentes
Une commune peut-elle récupérer son nom de domaine détenu par son prestataire ?
Oui. Le nom de domaine d’une commune doit être détenu par la commune ; s’il a été déposé au nom du prestataire, la commune demande par écrit son transfert (code de transfert ou changement de titulaire auprès du bureau d’enregistrement). L’Afnic prévoit des procédures de résolution des litiges, et la rétention d’un domaine public joue toujours contre le prestataire.
Comment quitter un abonnement de site internet de mairie ?
Trois étapes : vérifier le contrat (durée, préavis, date de reconduction tacite), demander par écrit l’export complet des contenus et le transfert du nom de domaine, puis construire le nouveau site en parallèle avant de dénoncer le contrat à l’échéance. La bascule se fait sans interruption le jour où le domaine pointe vers le nouvel hébergement.